CORPUS DELICTI – Liminal
- Xzvrey

- il y a 1 heure
- 3 min de lecture

Goth-Rock / Coldwave – France
Twilight Music – 2025
Voilà un album dont la sortie était attendue au tournant par une horde de fans anciens et nouveaux.
Corpus Delicti, c’est un fleuron de la scène Goth française des années 90. Impossible d’ignorer des albums aussi fondateurs que Twilight, Sylphes et Obsessions. Le groupe s’est ensuite séparé pendant près de 3 décennies avant de se reformer (Cf, l’interview réalisée avec eux dans nos colonnes).
Aujourd’hui, plus forts que jamais, le groupe niçois n’a de cesse de remplir les salles et de donner des concerts tous plus incroyables les uns que les autres. Pour avoir assisté à leur show, c’était vraiment dantesque. Mais alors, on peut se poser une question. Refaire des concerts en jouant ses anciens standards est une chose, mais composer un nouvel album sur la base d’idées fraîches sans rabâcher ses propres recettes en est une autre. C’est avec une certaine appréhension que j’attendais ce Liminal, et, bigre ! l’attente a été sacrément récompensée.
Loin d’être un album sympathique par une ancienne légende, ce nouvel opus redéfinis carrément le Rock Gothique de la décennie actuelle. Le style de Corpus Delicti reste assez identifiable, notamment grâce aux fantastiques lignes de basse de Christophe Baudrion dont je suis un fervent admirateur. La guitare et la batterie ne sont bien sûr pas en reste. La musique de Corpus Delicti est toujours aussi riche et développée sans pour autant sombrer dans une complexité imbuvable. Étonnamment, l’album me semble très accessible malgré ses partis-pris esthétiques osés (« Under His Eyes », véritable coup de maître mélangeant les univers Post-Punk/Goth et Jazz avec un brio ahurissant). Liminal a tout de ces grands albums très bien conçus qui arrivent à allier richesse et cohérence sans aucun problème. On ne s’ennuie jamais. On ne se dit jamais « ah tiens, j’ai déjà entendu ça quelque part ». Corpus a réussi le pari de proposer un album à mille lieux des standards actuels en se moquant complètement des « codes » modernes qui imposent des titres très catchy et plutôt taillés pour être des singles isolés. Non, Corpus n’est pas de ce tonneau-là ; ce sont des artistes, des vrais. Ils ont pensé leurs compositions comme un tout et surpassent donc largement le commun de 2025.
On navigue entre titres dark et légèrement éthérés comme le titre d’introduction « Crash », « Out Of Steam » ou le très réussi « Fate » avec sa ligne de guitare simple et qui nous porte pourtant dans un autre univers. D’autres compositions comme « Chaos » ou « This Sensation » sont plus rock et entrainantes, ce qui permet à l’album de ne jamais endormir l’auditeur. Nous n’en attendions certes pas moins d’un groupe aussi important que le quatuor niçois, mais ils ont répondu aux attentes avec un brio qui surpasse de loin ce qu’on pouvait considérer comme « raisonnable ».
On ne peut bien sûr pas parler de Corpus Delicti sans évoquer la voix de Sébastien Kuta. Cette dernière est totalement reconnaissable bien que peut-être un tout petit peu plus grave que dans les années 90 (quoi de plus naturel) ? Son chant est toujours aussi chargé en émotions ; parfois violent « Out Of Steam » et quoiqu’il en soit, pertinent quel que soit le registre. Une prouesse, tout simplement.
Pour terminer cette chronique, je ne peux qu’évoquer le dernier titre de l’album : « Liminal », une composition de plus de 7 minutes qui clôture un parcours jouissif au possible. Vous rappelez-vous le fantastique morceau « Dust And Fire » sur le premier album ? On pourrait être tenté de dire que « Liminal » est son successeur spirituel. Corpus Delicti y a mis tout son savoir-faire, sa passion et peut-être aussi son respect pour ses fans. Le titre est planant, sublime, laisse de la place à la rêverie et nous laisse donc dans tous nos états à la fin de son écoute. On n’a qu’une envie : se le repasser en boucle. « Liminal », la chanson, c’est peut-être bien le tube de l’album et un des plus grands titres du groupe qui signe avec ce nouvel album un retour fracassant et s’inscrit au panthéon des groupes de Rock Gothique.
Nul doute que Liminal sera un franc succès, et, pour être honnête, je trouve ce succès plus que mérité compte tenu de l’investissement des musiciens dans leur art. Loin de décevoir, Corpus Delicti surprend une nouvelle fois et offre aux scènes Post-Punk/Goth un nouvel album de référence, un mètre étalon de qualité.
Chef-d’œuvre ! Dans 30 ans on en parlera sans doute encore.


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