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Interview - PLOMB - Février 2023

Dernière mise à jour : 5 mai 2023


Je dois l'avouer, l'album At Ease ! du groupe Français PLOMB m'a mis une mandale telle que je ne m'en suis toujours pas remis. Un coup de blues passager ? Écoutez leur album et vous vous sentirez vidé de tout ce qu'il y a de négatif pendant un petit moment. Après une telle cartouche auditive, il me semblait intéressant de donner la parole au groupe pour en savoir un peu plus sur eux et leur musique. Jeu D'Ombre est heureux de vous proposer aujourd'hui cet entretien réalisé il y a quelques mois de cela.

Propos recueillis par Xzvrey en Février 2023.




1/ Hello à vous ! Alors comment se présente l’année 2023 pour vous ? Quels sont vos projets pour les mois à venir ? De nouvelles compositions ? Concerts ?

Nash : Hello, début d’année avec la préparation de concerts et de nouveaux titres. On travaille sur les titres qui nous branchent le plus et qu’on n’avait pas encore investis.


Vincent : Pour nos amis parisiens, on joue en mars à l’International et à Cerny, en Juin, pour un festival punk, qui s’appelle le Bal des Moutons. Sinon on prépare une série de dates pour septembre à l’occasion de notre passage au Minicave Festival à Münster, en Allemagne. Et sinon oui, principalement de la composition. On voudrait changer un peu de rythme sur les sorties. Plus fréquentes.



2/ Pourriez-vous présenter le groupe à nos lecteurs·trices s’il vous plaît ? Votre premier EP date de 2017 donc j’imagine que vous avez pas mal de vécu avec le groupe héhé. Qui fait quoi dans le groupe ?

Nash : On est un groupe post-punk avec pas mal d’influences différentes. On vient tous de scènes alternatives ce qui, selon les retours qu’on a, fait ressortir plusieurs énergies/sons au sein du groupe. Vincent a monté le projet et compose en très grande partie les titres. On les fait évoluer ensemble ensuite et on se les approprie, chacun à notre manière. Ça fonctionne assez bien pour nous tous. On est cinq. Vincent au chant, David à la gratte, Klischee au(x) synthé(s), Louis à la batterie et Nash à la basse.





3/ Allons un peu dans le détail maintenant. Quelle est l’orientation du groupe ? Vous affichez clairement un style Punk à fond avec des morceaux ultra directs et catchy (qui déchirent la gueule au passage). Aviez-vous envie de faire ce genre de musique dès la création ?

Vincent : Ah ! Merci pour le compliment ! Dès le début oui. Le problème (ou pas) c’est que ce que l’on qualifie de catchy et direct évolue dans le temps. C’est probablement dû à ce que disait Nash plus haut : Avec nos influences diverses, on amène du punk, du goth, de la synth wave, cold wave, entre-autres, nos définitions de “catchy” et “direct” deviennent variables en fonction de l’humeur du moment.




4/ Comment se passent les sessions de travail avec le groupe ? Qui compose les titres et les paroles ? Est-ce que tout le monde bosse à la maison avant de répéter ? Est-ce que vous avez un local habituel où vous vous rendez régulièrement ? Qu’aimez-vous faire avant et après les répétitions ?

Vincent : On fait simple. La répétition, chaque semaine, ou presque, pour mettre en place des nouveautés, réviser, faire évoluer. Dans un studio de répétition très normal, près de Bastille. Pendant les répétitions, tout le monde y va de ses essais. C’est souvent là qu’un morceau bien devient bien plus puissant et abouti.

La matière initiale, comme expliqué plus haut, arrive sous forme de maquettes, transmises à tout le monde. En sept ans il y a eu cent-trente ou cent-quarante compositions, plus ou moins abouties.

C’est la musique qui vient en premier. Parfois le texte en même temps. Mais la plupart du temps, il y a une idée sous-jacente, une sensation, qui sont à l'origine de la musique, et donc le texte en découle finalement rapidement.



5/ Vous avez sorti un album démentiel en 2018 chez D-Monic Records ; puis, en 2022, une tape 4 titres autoproduite. Pourquoi ne pas être passés par D-Monic cette fois ? Peut-on encore acheter la tape auprès de vous par bandcamp par exemple ?

Vincent : D’abord on est très reconnaissants à Laurent et Laurent, de chez D-monic pour l’album de 2018. Pareil pour Alban de Relaxomatic Vibrator Records pour le premier EP. Simplement, on souhaitait renouer avec le Do It Yoursel, et on n'avait rien fait pendant le hiatus causé par notre virus préféré. Au regard du temps et du prix de production du vinyle ces temps-ci, on se voyait mal sortir seulement quatre ou cinq titres, neuf ou dix mois plus tard.

Alors on a tout fait nous-même. Composer, enregistrer, mixer nous-même. Puis on a fait dupliquer la cassette en plus de la sortie numérique. Même le design de la cassette et de sa pochette, c’est fait maison. Bon, on sent quand même qu'un label ça manque, notamment pour la diffusion plus large de notre musique — enfin… large… à l'échelle de nos scènes, hein ! —. Pour autant, une cassette, ça marche plutôt bien en fin de compte. Si certains lecteurs en veulent, il nous en reste seulement quelques-unes.



6/ Avez-vous un projet de nouvel album dans les tuyaux? Après tout, la sortie de la tape 4 titres est déjà une super nouvelle pour vos fans. Mais peut-on quand même espérer de nouvelles sorties (pas forcément un album d’ailleurs) dans les années à venir ?

Vincent : On a quelques morceaux qu’on va enregistrer d’ici à l’été. Avec sans doute une nouvelle sortie à la rentrée prochaine. Ce sera probablement en cassette et en numérique. Ensuite on complète ça avec 8 ou 9 autres morceaux, pour une plus grosse sortie. 1 par an minimum quoi ! Tant qu’on a de l’énergie.

Sinon on va participer à une compilation hommage à The Mob, groupe anarcho-punk anglais. On travaille un titre spécialement pour cela. On est trop contents de faire ça, d’autant plus que les autres groupes de la compilation sont de qualité !



7/ Pouvez-vous recommander à notre lectorat une petite liste de groupes à écouter pour qui (comme moi) aime beaucoup la musique de Plomb ?

Vincent : Barren?, Subdued, Bad Breeding, Institute… en anarcho-punk/post-punk contemporain. Sistema de Entretenimiento, ou Screamers pour les synthétiseurs barrés. Pour les plus classiques : The cravats, Flux of Pink Indians, Crass, Joy Division, 1919 bien sûr… et du coup, Komplikation et Frustration, Warum Joe,..



8/ De quoi parlent vos textes ? Quelles sont vos sources d’inspiration en la matière ?

Vincent : Relations sociales, mécanismes sociétaux, émotions… L’inspiration peut venir de l’observation de l’environnement, de nos proches, comme de réflexions plus globales. Certains morceaux parlent de situations familiales vécues. En tout cas on ne donne jamais de leçon. On est souvent mal placés nous-même. Non, l’idée c’est plutôt d’exprimer de questionner, constater, parfois avec un point de vue narratif décalé ou perturbant. Par exemple dans Death Row (sur album At Ease !, de 2018), je suis dans le rôle de l’oppresseur, omnipotent et omniprésent, et je tiens le discours qui en découle.



9/ Toujours au niveau des paroles, j’adore tout particulièrement celles du titre « Electric Sheep ». Je ressens souvent cette sensation d’avoir besoin de donner du sens aux événements. Or, de nos jours, nous vivons dans un monde où le sens des choses semble s’effacer, se brouiller et ne plus intéresser grand monde. Que pouvons-nous faire à votre avis pour que la quête de savoir et de sens deviennent une priorité pour la majorité des gens ?

Vincent : Chapeau ! Tu tombes plutôt juste. En fait, un point de questionnement constant pour moi c’est de comprendre ce qui définit la notion d'humanité. Sont-ce nos émotions ? Le savoir ? l’articulation d’une pensée cohérente ? nos actes ? Electric Sheep, par exemple, c'est bien entendu une référence à Philip K. Dick , mais aussi, au-delà, une tentative d’introspection sur mon humanité, ou plutôt le constat de mon manque d'émotions, compensé par une boulimie de savoir. Suis-je humain dans ces conditions ? Qui l’est ? Est-ce qu’on doit recommander cela comme cure pour l’humanité… ? Pas sûr. Vous avez trois heures, haha !





10/ Bon allez un peu de légèreté maintenant, on en est à la moitié, vous tenez le choc ? Vous est-il déjà arrivé que des gens bourrés tentent de faire de l’humour maladroit avec votre nom de groupe ? Du genre « vous avez du plomb dans la cervelle » etc. ?

Nash : hahaha ça arrive tout le temps, et même sans être bourrés d’ailleurs !


Vincent : Nous les premiers. Sept ans et on ne s’en lasse pas !



11/ Chez Jeu D’Ombre on adore la scène Punk mais on se concentre la plus grande partie du temps sur les scènes Post-Punk/Goth. Êtes-vous familiers avec cet univers musical ? Quels seraient vos groupes de référence en la matière ?

Vincent : Je laisse Nash en parler ! Mais oui on connaît bien. Nash, David, Klischee et Louis ont une grande affinité avec le goth et la scène dark en général.


Nash : Effectivement on vient aussi de la scène darkos, et apportons chacun nos bagages dans Plomb avec des sonorités comme celles de Killing Joke, Tubeway Army, Devo ou pudiquement saupoudrées de Bauhaus, Christian Death, Joy Division.



12/ Parlons du live si vous le voulez bien. Vous arrive-t-il fréquemment de faire des concerts ? Quel est votre rapport avec le public ? Y a-t-il un lieu en particulier que vous aimeriez dévaster (avec votre musique) à tout prix avant de raccrocher les guitares ?

Vincent : on aime les squats et autres lieux dans le genre. Les petites organisations de concert. On a joué dans quelques salles plus grandes. C’est chouette, mais comme j’aime bien aller dans le public, ça me frustre quand c’est trop grand. Dans les endroits plus petits, tu rencontres plus facilement les gens. Chaque lieu a son ambiance…



13/ Avez-vous des groupes de copains avec qui vous partagez la scène régulièrement ? Quels sont les meilleurs lieux de concerts Punks autour de chez vous ?

Vincent : Pour le punk, Le Cirque Electrique, l’International et le Klub, l’Ess’pace. Les squats en ce moment ça ouvre, ça ferme vite. Pour le Goth, l’électro-dark, l’Atomic Cat, Les Caves Saint-Sabin.


Nash : On joue pas mal avec les groupes copains, que ce soit dans la scène punk, post-punk, synthpunk. La liste serait longue mais on a adoré jouer avec Le Prince Harry, Frustration, Bleakness, Ash Code, Molchat Doma, Crisis, Barren, Holy Holster, Brandt, Katzkab, Hammershøi, 1919, Rubella Ballet, Komplikations, Kas Product, Marbled Eye, Angelic Upstarts, Last Night, …





14/ J’ai oublié ce que je voulais dire… question suivante.

Nash : C’est con, j’avais la réponse en plus!



15/ Êtes-vous actifs dans d’autres groupes ou projets musicaux ? Comment votre entourage (familles, amis, collègues) perçoit-il votre passion pour le Punk et votre activité avec le groupe ? Est-ce quelque chose d’accepté ou est-ce que vous vous faites littéralement chier à la gueule ?

Vincent : Côté famille, on me regarde bizarrement. Mais rien de méchant. Le punk, goth, dark, alternatif en général, malgré des décennies d’existence ce n’est pas toujours bien compris. En même temps c’est tant mieux. Ce n'est pas le but ! Pour le reste, on traine avec des gens qui sont au moins autant que nous là-dedans. Donc pas vraiment de problème.



16/ Vous avez auto-produit votre nouvelle cassette. Aimez-vous faire les choses en Do It Yourself ? Par quelle boîte de pressage êtes-vous passés pour produire la tape ? Après tout, cela peut intéresser les personnes qui jouent dans des groupes et qui souhaitent sortir ce type de format.

Vincent : On est passé par une boîte qui s’appelle Monotype Pressing. En Pologne. professionnels et efficaces, délais raisonnables et prix cohérents. On recommande. Ils font CD, vinyles et cassettes.



17/ Pourriez-vous nous donner votre vision de ce que serait la musique dans l’idéal ? Je veux dire, le public, l’organisation des scènes et des concerts, les labels etc.

Vincent : Je ne changerais rien. On croise des organisateurs qui se démènent, on va dans des lieux supers. En Europe, on a de la chance, en tant que groupes : on est défrayés, logés, nourris. Dans les pays anglo-saxons c’est beaucoup moins le cas. Tu me diras c’est une manière de trier les groupes motivés et de qualité, mais ça donne un côté très capitaliste à ces scènes alternatives. Les groupes deviennent des entreprises. Est-ce une bonne idée ?

Pour les labels, pareil, j’admire tous les gens qui se bougent. Surtout dans les conditions actuelles : ça devient compliqué de produire à des prix abordables. Souvent ces petits labels sont à perte. Des passionnés en vrai. Le public ? On ne serait pas là si les gens n'étaient pas habités par l’envie de découvrir de nouveaux trucs tout le temps.





18/ Pas de quartier ! Vous aussi vous allez devoir répondre à la question sacrée du zine qui consiste à parler de bouffe sans arrêt. Quels sont vos plats et boissons préféré(e)s ? Avez-vous une recette spéciale Plomb ! ? Ou alors une recette d’alcool de contrebande hein, on n’est ouverts d’esprit ici et ne crache jamais sur un bonne combine à essayer X-D


Vincent : Mon délire c’est un thé English Breakfast de chez Marks & Spencer (désolé pour la pub), que j’accompagne d'un sandwich composé de chips au vinaigre et de tranches de cheddar (mature). Je vous jure que c'est trop bon. J’ai commencé à manger ça pendant mon année passée en Écosse, quand j'étais étudiant. Je ne me suis jamais arrêté !



19/ Souhaitez-vous aborder un sujet supplémentaire dont nous n’avons pas parlé jusqu’à maintenant ?


Vincent : Non :-)




20/ Où pouvons-nous vous voir jouer en 2023 ? Avez-vous déjà des concerts prévus ?

Vincent : comme dit plus haut, 2 concerts à Paris dans les prochains mois et en Allemagne en septembre. D’ailleurs sur le chemin de l’Allemagne on cherche des dates (Nord ou Est de la France, vers entre le 18 et 23 septembre 2023). On aura aussi Rouen après l’été. Morlaix est en cours de discussion. Plus généralement, nous jouons partout. Nous ne sommes pas compliqués. Si les lecteurs aiment Plomb, qu’ils n’hésitent pas à en parler autour d’eux, aux orgas de concerts, qu’on vienne jouer près de chez eux !

Contacts : @plombband sur instagram ou facebook, ou par mail: plombband@gmail.com



21/ Merci beaucoup à vous pour votre temps et vos réponses. J’espère que cette interview vous a plu et que vous continuerez à nous gratifier de votre excellente musique.
A+

Merci à toi pour l’interview. Merci pour tes questions drôles, sérieuses et pertinentes.

À Bientôt !





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