ISOTROPIA - Borderline Negation


Synth-Punk / Post-Punk - Géorgie + Mexique

Young & Cold Records - 2018


Ne connaissant pas du tout le groupe, c'est avec beaucoup de curiosité que je me suis lancé dans l'écoute de Borderline Negation. Il faut dire qu'à force de crapahuter dans l'underground, on apprend à écouter les prods qu'on ne connais pas sans a priori aucun et parfois sans trop d'attente. Cela a pour effet que, lorsqu'un album nous parait vraiment mortel, il nous donne l'impression que Conan le barbare nous assène un coup de masse d'arme en pleine figure.

Détail qui tue, le groupe est constitué de deux membres très éloignés géographiquement puisque la chanteuse Karen Batok est basée en Géorgie alors que le musicien Angel Kauff vit au Mexique (il est d'ailleurs connu pour Frio Y Vacio).


Passé l'intro mystérieuse qui ouvre l'album, la musique d'Isotropia se dévoile dans toute sa sombre splendeur. La voix envoutante de Karen Batok, spectrale et presque angoissante est la première chose que j'ai remarquée. Son chant donne presque l'impression que les textes sont contés comme des fables. Angel Kauff la rejoint à la voix sur certains passages, renforçant encore cet aspect théâtral des lignes de chant.

Même si le groupe décrit sa musique comme étant du post-punk, j'ai plutôt eu l'impression d'avoir à faire à un album de synthpunk avec une base rythmique presque EBM par certains côtés. Mais la composition, elle, est résolument Post-Punk, notamment au niveau des lignes de basse. Peu importe les appellations, ce qui compte c'est que la musique d'Isotropia est marquante et efficace. Des morceaux comme "Self-actualization", "Personality Disorder" ou "Havoc" sont ultra rythmés et rentre immédiatement dans le crâne. D'autres en revanche (notamment dans la deuxième moitié de l'album) sont extrêmement darks et angoissants, à l'image de "Last Supper" et "Fall in slow-motion", étranges et presque surnaturels.


On a régulièrement l'impression de se retrouver prisonnier dans un film noir, poursuivi par quelque danger invisible avec un profond sentiment d'isolement. C'est d'ailleurs la force principale de cet album, sa tension ne redescend jamais, même quand le tempo est lent.

Les choix esthétiques de la production et du son en général ne conviendront sans doute pas à tout le monde, surtout si vous aimez votre post-punk bien rock'n'roll. Mais il serait dommage de passer à côté de cet effort tout à fait original et surprenant qui constitue une pièce de choix pour votre liste de découvertes.

Froidement recommandé!




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