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Interview - LISIEUX - Octobre 2022



Lisieux fait partie de ces groupes uniques en leur genre qui laissent un souvenir particulier dans nos esprits dès la première écoute. On se demande où on a encore atterri et ce qui nous est arrivé. C'est bercés par la voix de Cindy que notre esprit s'évade et se laisse bercer par l'univers unique de ce groupe Toulousain. L'album Psalms Of Dereliction a eu un fort retentissement depuis sa sortie et il nous tenait à coeur de poser quelques questions à ces artistes pour en apprendre plus sur leur musique et leurs activités.

Propos recueillis par Xzvrey en Septembre 2022.




1/ Salut Lisieux ! Comment allez-vous ? Quelles sont vos actualités brûlantes du moment ?

Salut ! Tout va bien, on est prêt à faire chauffer nos cerveaux pour répondre à tes 19 questions. Quant à nos actualités, il faudra lire jusqu'au bout, car nous allons en dévoiler plusieurs durant le questionnaire (oui, on est des coquins).



2/ On ne va pas pouvoir passer à côté de la traditionnelle question d'usage qui consiste à présenter le groupe et ses membres. Alors, quelle est l'histoire de Lisieux et du Line-Up ? Qui fait quoi dans le groupe ? Qui compose les morceaux ?

Nous sommes un groupe toulousain d'abord formé par nous deux, Hugo (basse/ synth/ percussions) et Cindy (guitare/ synth/ voix) puis en 2018 Michaël (guitare électrique) nous a rejoint. C'était la fin de la conception de notre premier album « Psalms Of Dereliction » dans lequel on peut commencer à l'entendre jouer. On est devenu quatuor lorsque Christèle (batterie) s'est joint à nous, peu après. Depuis, nous jouons en live les anciens ainsi que les nouveaux morceaux avec cette formule et notre méthode de composition a pas mal évolué depuis. Sur le « EP I » et sur « Psalms » je (Cindy) composais en général la base guitare/chant de chaque chanson et avec Hugo nous les arrangions. Aujourd'hui, nous ne travaillons plus du tout de cette manière, nous composons à quatre, en répétition. Nous faisons tourner des idées ensemble et nous construisons ensemble la partie instrumentale des titres.




3/ Vous évoluez dans un registre Néo-Folk assez personnel, je trouve. Quelles sont vos influences musicales pour votre projet et quels instruments utilisez-vous ?

Oui, d’ailleurs, on nous qualifie plus souvent de groupe de Dark-Folk, peut-être parce qu'on s'éloigne un peu des codes de la Néo-Folk qui est plus froide et martiale même si on s'en inspire. Nos influences évoluent avec notre style, quand on a commencé Lisieux, nous écoutions beaucoup Death In June, Current 93, Sol Invictus, Darkwood... les grands classiques. Si nous devions définir nos influences par rapport à ce que nous jouons actuellement, nous dirions plus Dead Can Dance, Malicorne, Ulver, Jacob Muhlrad, Caterina Barbieri, Maluzerne...

Sur nos morceaux, on peut entendre de la guitare douze cordes, on s'amuse pas mal et surtout avec tout ce qui est synthétiseurs type Yamaha DX21 , Microkorg, Sub Phatty, Roland Organ RS09, il y a quelques boites à rythme, de la Derbuka électronique, des tambours type Bodhran, une basse, guitare électrique, bref, on teste pas mal de choses, autant électroniques qu'acoustiques.



4/ Quels sont les thèmes de vos morceaux ? Qu'est-ce qui vous inspire en général lorsque vous écrivez vos textes ?

En général je (Cindy) gravite autour des histoires de croyances et des religions, c'est un puit infini pour l'imagination, je récupère des éléments par ci, par là et je crée mes propres histoires en mettant en avant d'une matière plus poétique mes propres fascinations : la guerre, la mort, un peu d'aventures, de politique, bref des choses qui dans nos têtes nous font peur ou nous semblent impossibles.



5/ Votre album "Psalms Of Dereliction" est sorti sur l'excellent label Steelworks Maschine. Comment cette collaboration a-t-elle commencé ?

C'est une drôle d'histoire, car avant de composer, nous avions fait quelques reprises de Death In June que nous avions enregistrées et mises en ligne sur Soundcloud sans ambition particulière et dans notre grande insouciance nous les avons envoyés à la page officielle de DIJ gérée par Kris du label Steelwork Maschine, qui contre toute attente nous a répondu qu'il les avait beaucoup aimées. Je crois qu'il nous a ensuite suivis de loin et nous avons fini par travailler ensemble.





6/ Chez Jeu D'Ombre, lorsqu'on parle de l'underground Post-Punk/Goth, cela inclut les scènes Néo-Folk (et globalement tous les styles qu'un label comme Steelwork produit). Connaissez-vous un peu les styles comme le Deathrock, la Coldwave etc ? En écoutez-vous ? Quels seraient vos albums favoris dans ces genres ?

On n’est pas très familier avec le Deathrock par contre on a un pied dans la Coldwave, New Wave, Dream Pop... Pour citer quelques albums « Going Blank Again » de Ride, « Unreality » de SRSQ, « Script Of The Bridge » de The Chameleons, tous les EPs de Cocteau Twins, « Spleen And Ideal » de Dead Can Dance...



7/ Où êtes-vous basé·e·s ? Répétez-vous souvent ? Avez-vous un local spécifique ? Qu'aimez-vous faire après une séance de travail sur Lisieux ?

Nous vivons tous les quatre à Toulouse, on se voit une fois par semaine pour répéter dans un local lugubre au milieu d'une zone industrielle et comme nous terminons à minuit, en général, on ne traîne pas trop dans les environs pour ne pas se faire trucider. On vous rassure ça ne nous empêche pas de bien rigoler.



8/ Cindy : tu chantes également dans le groupe de New-Wave Candélabre exact ? Pas trop dur d'avoir deux projets en parallèle ? Depuis combien de temps pratiques-tu le chant ? Comment as-tu appris ?
Même question pour les autres membres : comment avez-vous appris la musique ?

Cindy : Oui, c'est ça. Deux projets ça reste gérable pour moi, surtout que les univers sont complètement différents. Je chante depuis qu'on a commencé à faire les reprises, idem pour la guitare, c'était pour impressionner les copains ahah. Je n'ai jamais pris de cours, je m'amuse avec ma voix, je cherche des émotions.


Hugo : Inscrit de force à un cours de guitare dans mon enfance, je détestais ça jusqu'au jour où j'ai commencé à écouter du Punk-Pop et que j'ai compris que j'allais pouvoir apprendre et jouer les riffs dans ma chambre ! J'ai eu un groupe de Grindcore pendant presque 10 ans ensuite, ce qui, à défaut de me faire progresser, m'a familiarisé avec la scène et les concerts


Michael :Il n’y avait pas de musique à la maison quand j’étais gamin à part mon grand frère qui écoutait beaucoup de trucs sur son ghetto blaster: Joy Division, les Cocteau Twins, les Sundays, le Velvet Underground, les Smiths et mine de rien ça a fait mon oreille et mon ADN musical sans que je m’en rende compte avant que je n'y revienne des années plus tard. Je n’ai jamais pris de cours et ne sais toujours pas lire une partition, mais j'ai commencé à enregistrer des trucs pour des projets persos jusqu’à la fac pour ensuite rejouer en groupe plus tard dans des formations plus orientées dream-pop/shoegaze/coldwave.



Christèle : De mon côté, j'ai commencé la guitare vers 16 ans en prenant quelques cours ; je grattouillais sur une classique dans ma chambre. J'écoutais alors des choses allant de Cure à Elastica en passant par Dominique A... A 17 ou 18 ans, j'ai rencontré Stéphane qui souhaitait donner vie sur scène à son projet solo Downfall (dark folk). La géométrie du groupe a progressivement évolué (d'abord 2 guitares folk, puis arrivée du violoncelle et enfin ajout des percussions). On a fait pas mal de concerts, cela m'a beaucoup appris.

Quelques années après, j'ai rejoint le groupe Call Me Loretta (noise/shoegaze, je ne sais pas trop comment définir le style !), j'ai remplacé la bassiste. Je n’ai commencé la batterie que bien plus tard.





9/ Tiens j'ai complètement oublié de vous demander : pourquoi avoir choisi Lisieux comme nom de groupe ?

On voulait un nom qui sonne spirituel et ecclésiastique, c'est un clin d’œil à Sainte Thérèse de Lisieux, on aime comment ça sonne et ce que le personnage évoque : chercher la sainteté dans les actes du quotidien et non pas dans des actes extraordinaires. Nous sommes athées, mais la religion a toujours gravité autour de nous lorsque nous étions enfants, en tout cas, les symboles étaient omniprésents et c'était pour nous une présence surnaturelle et fantastique. Il paraît aussi que c'est une des villes les plus moches de France, ça nous va bien, on aime l’autodérision.



10/ Pourriez-vous recommander au lectorat d'autres groupes de votre univers musical s'il vous plaît ? Par exemple, des groupes avec qui vous avez partagé la scène ?

C'est difficile, car on nous fait rarement jouer avec des groupes dont le style se rapproche du notre. On est le plus souvent accompagnés de groupe de métal... peut-être nos amis Vesperal ?



11/ En parlant de scène, est-ce que vous vous produisez souvent en live ? Avez-vous des concerts / tournées prévu·e·s ? Comment ressentez-vous le fait de jouer vos morceaux sur scène ? Quel est le rapport avec le public ?

Pas souvent non, on a un set up live un peu long et complexe d'installation, on peut difficilement jouer dans une salle qui n'est pas bien équipée type bar. On attend les bonnes opportunités qui arrivent de temps à autre. Mardi 27 septembre nous serons par exemple en concert avec Messa à Toulouse (ce sera sans doute passé d'ici là). Sinon on prévoit une montée vers Brest courant avril pour quelques jours, on attend que les choses se mettent en place.


On a pas mal réadapté nos anciens titres pour pouvoir les jouer en live, car contrairement à nos nouvelles compos, ils ont d'abord été produit en studio. On travaille beaucoup notre son pour avoir quelque chose de plus riche et de plus énergique sur scène. Beaucoup de pédales et toujours plus de reverb ! On commence aussi à être plus proche du public durant nos sets et moins dans notre bulle.




12/ Avez-vous de bons retours concernant Lisieux depuis la sortie de l'album ? Personnellement, j'ai adoré et j'ai pas mal de copains dans les scènes PostPunk/Goth et Métal qui ont également eu le coup de foudre pour votre album. Êtes-vous surpris d'avoir des fans au sein de scènes beaucoup plus extrêmes ?

On est toujours surpris d'avoir des fans ahah et en même temps, ce sont des scènes cohérentes avec nos goûts, on se dit que ça doit s'entendre dans notre musique... On en écoute beaucoup moins, mais ce sont les musiques extrêmes qui nous ont faites, on ne va pas se mentir. L'album semble avoir plu en tout cas, on a l'impression que la plupart des gens se le sont approprié dans leur vie personnelle et ça représente beaucoup pour nous.



13/ Psalms Of Dereliction est sorti en fin d'année 2019. Êtes-vous déjà en train de plancher sur de nouvelles compositions ? Quels seraient les thèmes que vous souhaiteriez traiter dans vos futures prods ?

Notre nouvel album, composé pour la première fois à quatre, est actuellement en train d'être pressé, c'est un 8 titres intitulé « Abide ! » qui sortira cet hiver chez le label Throatruiner. C’est un album un peu plus électronique, mais avec une sensibilité médiévale qui évoque des choses anciennes. Pour nous, ce n'est pas incompatible. Il parle de protestation contre toute soumission et de l'acte de libérer. On brise ses chaînes pour partir à l'aventure !





14/ À part la musique, avez-vous d'autres passions ? Lecture ? Cinéma ? Élevage de Diplodocus ?

Cindy : J'organise des soirées Dj's à thème, parfois des concerts. Beaucoup moins depuis la crise covid et en plus petit format, mais je ne lâche pas encore totalement l'affaire. Sinon pour être honnête, je m'occupe beaucoup (trop) de mes chats à cause de mon inquiétude irrationnelle pour eux, je collectionne les vieux objets, les statues, je fais du jardinage, de la taxidermie, un peu comme une vieille personne en fait.


Hugo : Beaucoup de Jeux vidéos ;-) Je suis DJ par passion et j'aime beaucoup passer du temps à chercher d'obscures tracks Ambient/DnB/Jungles très typés 90's, Le dessin bien sûr, même si, ces derniers temps, la musique prend toute mon énergie. Je m'y remet lorsque Lisieux a besoin d'une pochette ou de merch !



15/ Comment la musique s'accorde-t-elle avec votre vie personnelle ? Avez-vous des jobs ou la musique est-elle votre activité professionnelle ? Avez-vous également une famille ? Que pensent-elles de vos activités artistiques ?

C'est ancré dans nos vies respectives avec le soutien de nos proches. Nous travaillons tous à côté.




16/ La pochette de votre album est vraiment magnifique. Si je comprends bien, c'est Hugo lui-même qui en est le créateur. Pratiques-tu le dessin depuis longtemps ? Fais-tu aussi des illustrations pour d'autres groupes ?

Merci ! Je dessine depuis de lycée, j'ai approfondi pendant mes études de graphisme, mais je m'y suis mis sérieusement que depuis 5/6 ans. J'ai été très influencé par le trait encré style punk/comics/fanzine, j'ai mêlé ça à l'iconographie religieuse et médiévale et au dessin manga.

Il y a 5 ans, j'ai appris la sérigraphie et j'ai fait plusieurs expos (L'artwork de Psalms... vient de cette série). Depuis, j'ai ralenti et avec la multiplication des projets musicaux, je sors rarement mes fournitures (l'exception étant les artworks du prochain Lisieux). J'ai fait très peu de commandes et je ne cherche pas à en vivre (seulement des étiquettes d'alcool...).








17/ Alors là attention, question essentielle et incontournable dans Jeu D'Ombre : quels sont vos plats et boissons préféré·e·s ? Avez-vous une recette perso ?

Notre plat commun préféré, on va dire les endives au jambon et les petits pains au lait Pasquier. Est-ce que ça en dit long sur nous ?

Notre boisson favorite, le Red Bull acheté sur une aire d'autoroute (et pas autrement).



18/ Existe-t-il des fanzines consacrés aux musiques Dark-Folk, Néo-Folk ? Pensez-vous que ce soit une bonne chose aujourd'hui, en 2022, de tenter d'imprimer un fanzine papier ?

On connaît Convial Hermit, Good Friends même s'ils ne sont pas spécialisés uniquement dans ces styles. On ne geek pas énormément la darkfolk même si on y est très sensible, on en écoute en fait très peu. La playliste d'Hugo est par exemple composée à 90% de musiques électroniques et Cindy est tombée dans un trou depuis qu'elle écoute du bip bip 80's et de l'italo disco.




19/ Que peut-on vous souhaiter pour l'avenir de Lisieux ? Quels sont vos buts futurs si vous en avez ? Désirez-vous dire quelque chose en particulier au lectorat de Jeu D'Ombre ?

Plus de belles dates, des grands producteurs pour nous prendre sous leur aile (Hans Zimmer si tu passes par-là), toujours plus de fou rires et des rencontres incroyables (les Nantais si vous êtes là).

Merci d’être allés jusqu'au bout de ce questionnaire maintenant il nous vous reste que Lisieux pour pleurer.

Bises !



20/ Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions. Je vous souhaite beaucoup de réussite avec Lisieux et espère vous voir jouer un de ces quatre.

A+ :-)







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